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    November 29

    And the winner is

     
     
    Reuters
     
     
       Incroyable mais vrai, La vie palpitante d'antoine p. vient de remporter le prestigieux Grand Prix de la Mise à Jour la Plus Aléatoire, remis de temps en temps par le jury du festival Pas Très Net.
       Visiblement très ému, l'auteur a tenu à remercier "mon chien Dague, auquel je pense encore très souvent et qui reste le meilleur souvenir de mon enfance, et mes grands-parents qui n'ont toujours pas compris ce qu'était internet".
       En plus de la notoriété internationale que confère ce prix, l'auteur se verra remettre un billet d'avion aller et retour pour Paris, ainsi qu'un bon d'achat de dix euros dans les boutiques Scholl de la capitale.
     
     
     
     
     
     
    November 07

    Plus clair

     
     
     
       Que ce soit bien clair, je HAIS les services d'Immigration Canada, cette bande d'incapables pas foutus de donner deux fois de suite la même réponse. Un jour c'est oui, un jour c'est non.
       Ça ne changera pas rien mais ça fait du bien de le dire: bande de nuls!
     
     
     
     
     
     
    October 28

    Au thé l'été, l'été yéti?

     
     
       Pas de photos, non, il pleut trop, le vent est dégueulasse, la lumière aussi.
       Encore une fois je me suis fait avoir avec la légende de l'été indien. Belle connerie oui, on ne le voit jamais venir, les uns disent qu'il est passé quand les autres l'attendent encore.
       Mais bientôt ce sera pire, me direz-vous, il y aura de la neige partout. Mais la neige c'est différent, ça mouille pas pareil. Je sais que vous êtes des milliers à écrire chaque jour pour protester contre cette absence de mises à jour. Et pourtant, il va falloir faire avec. Ça reviendra, mais je préfère attendre un peu plutôt que de servir du réchauffé.
     
       Et puis il y a la grippe, très à la mode ces temps-ci, très convaincante aussi. En bon "fashion victim", je ne pouvais pas la laisser passer. Voilà comment on se retrouve à écouter du Joe Dassin l'après-midi en buvant une huitième tasse de thé, assis près du chauffage. On regarde par la fenêtre et on se dit, tiens, v'là la pluie qui hésite à neiger. Alors on s'enfonce un peu plus dans le fauteuil, prêt à se rendormir avec un livre ouvert sur les genoux, en pensant que le seul été indien qui tienne la route, c'est celui de Joe.
     
       Donc, pas de photos. Mais des livres, oui!
       Par exemple, vous qui frémissiez d'impatience, le voici tout frais disposé sur les étals de votre librairie préférée, le nouveau livre d'Anne Marbrun. Le Sang des cerises, c'est le titre, est un vrai bon roman, avec une histoire belle et triste dans l'Histoire, celle de la Semaine sanglante qui mit fin à la Commune de Paris, et plein de jolis mots bien choisis.
       Pour ceux qui y seraient, Anne Marbrun sera elle aussi à la Foire du livre de Brive le week-end prochain.
     
       J'aurais bien parlé des thés indiens, mais on me tomberait dessus aussitôt ici, arguant que l'on ne parle pas d'Indiens mais de Premières nations, ou, à la rigueur, d'Amérindiens. C'est à ce genre de détails que les Québécois repèrent les Français dans la conversation.
     
      Bon, assez de blabla, il est quatre heures de l'après-midi, je retourne me coucher. Tu viens Joe?
     
     
     
     
     Anne Marbrun
     Le Sang des cerises, éditions Lucien Souny, 2006, 17 euros.
    July 14

    Les bourgeois avec une moustache ont un je ne sais quoi de déjà vu

     
     
     
         Il existe de courts silences vides et inhabités, le mien fut long mais finalement assez occupé, avec son lot de démarches administratives sans fin dans le but d'obtenir une carte de "résident permanent", un voyage en Gaspésie (comme le montrent les photos) avec cette femme extraordinaire qui a la gentillesse un peu maso de vivre avec moi (là aussi j'ai des photos, mais vous ne les verrez pas), un emménagement avec la susnommée succube sous le charme de laquelle j'ai succombé sans peine.
         Je l'avoue, il y eu aussi la coupe du monde, qui fut pour moi l'occasion de vérifier que le fait d'être expatrié augmente sensiblement (aggrave?) l'envie de crier jusqu'à plus soif des phrases aussi subtiles que "Putain! Mais keski branle l'arbitre?".
         Déception finale d'autant plus amère quand on habite entre le quartier italien et le portugais.
     
         M'enfin.
         Je veux pour preuve que je n'ai pas rien fait de mon temps libre, cette petite liste bien entendu non-exhaustive d'expressions et de mots français utlisés tels quels en anglais:
    - un rendez vous (uniquement dans le sens amoureux)
    - une moustache
    - un cliché
    - un déjà-vu
    - un je-ne-sais-quoi
    - un bourgeois
     
     
    Impressionant, isn't it?
     
    (à suivre)
     
     
     
     
    March 06

    Maréchaussée glissante

     
     
       La semaine dernière, comme il arrive parfois, ma belle endormie et moi traversions les heures froides de la nuit au volant de rêves exotiques et doux lorsque tout d'un coup, soudainement, la sonnette sonna.
       Une fois, puis deux - ou douze je ne sais plus, je ne me souviens que de la violence de ce cri électrique dont je ne savais pas s'il s'agissait de la corne de brume du cargo sur lequel je longeais la côte ouest de l'Amérique en compagnie de Malcom Lowry, ou d'un réveil exagérément pressé de me mettre de mauvaise humeur.
       Ce n'est que lorsque ma belle éveillée me secoua que je compris en voyant son visage inquiet que quelqu'un était bel et bien en train de s'acharner sur la sonnette à quatre heures du matin.
       Inquiétude et sommeil, j'enfile un t-shirt, conscient d'avoir un rôle à jouer dans un film à suspens.
       J'allume la lumière, entrouve la porte qui donne sur l'escalier intérieur, et du haut des marches je peux voir une masse s'agiter derrière la porte vitrée située en bas. Elle aussi me voit si j'en crois la grosse voix qui me crie que Police! Ouvrez!
       Inquiet mais obéissant, j'ouvre donc. De toute façon je viens justement de recevoir mon extrait de casier judiciaire et voilà une belle occasion de l'étrenner auprès des autorités canadiennes, pensais-je pendant que la police montait.
       Mais le policier penaud s'excuse de me réveiller ainsi mais est-ce que je suis bien M. Machin? Comme je ne le suis pas, je prend l'air du bon citoyen qui aimerait qu'on lui explique. J'apprend alors tout à la fois que M. Machin est mon voisin de palier, que sa sonnette de fonctionne pas et que sa voiture est accidentée. Sur quoi on m'invite à retourner me coucher.
       Je rejoins donc ma belle inquiète sous les draps et nous y redoutons d'entendre le cri d'une voisine à qui on annonce le pire en pleine nuit.
     
       *****
     
       L'explication nous fut donnée le lendemain matin par ladite voisine. Notre visiteur de la nuit effectuait sa patrouille de routine lorsqu'il a perdu le contrôle de sa voiture en glissant sur la neige, emboutissant pour finir celle, vide et stationnée, de notre voisin.
     
     
     
     
     
    December 10

    Des nouvelles de là-bas, dans l'Est de ce grand pays situé bien à l'Ouest du votre, au fond à droite.

       Premier épisode 
     
       Amies, amis, amibes,
     
       Les jours ont passé, la bise s'en est venue, et déjà nombreux sont ceux parmi vous qui me croient mort, enseveli par une tempête de neige ou déchiqueté par un ours polaire descendu faire ses courses de Noël dans le centre de Montréal.
        Pourtant je suis bel et bien vivant, pour ne pas dire plus vivant que jamais.
     
        Cette absence de nouvelles, ce long déchirement qui a asséché vos coeurs et tourmenté vos nuits, n'était que la conséquence néfaste d'une sombre histoire d'absence de connexion internet. Après avoir trop longtemps pris mon courage à demain, je me suis enfin résolu à affronter ce serpent sans tête, et me revoilà, prêt à polluer vos boîtes aux lettres à grands coups de photos de ruelles la nuit, de poubelles au fond d'une cour sous la pluie et d'enseignes au néon.
     
     
    Petit rappel historique
     
       Né  le 11 août 1977 d'un père distrait et d'une mère calme à légèrement agitée, antoine p. a vécu sans trop de problèmes ni de conviction ses 27 premières années.
       Puis il est rené en novembre 2004, ouvrant soudainement les yeux alors qu'une jeune fille venue de loin, du Nord et de l'Ouest, de l'autre côté de la Grande Flaque, décidait qu'il était grand temps de donner un sens à la vie de ce garçon, plutôt gentil certes, mais un peu mou.
    Neuf mois plus tard ils n'eurent pas d'enfants. Par contre, équipé d'un pull offert par des amis et d'un slip en laine tricoté par sa mère, le jeune antoine p. débarquait, ainsi vêtu de ses plus beaux atours, à la frontière canadienne.
       Mystérieusement, les douaniers le laissèrent passer.
       Plus mystérieusement encore, la jeune et fougueuse V. l'attendait de l'autre côté, visiblement contente, immensément belle.
       Plus plus mystérieusement encores, notre vaillant petit libraire se trouva un emploi de libraire, ce qui tombait bien puisque c'était son métier.
     
     
         - Libraire pour Renaud-Bray, cette institution québécoise à mi-chemin de la FNAC et du Wal-Mart, n'est-ce pas là une aventure périlleuse?
         - La ravissante V., affolante en diable et sensuelle en hostie, supportera-t'elle longtemps d'entendre un homme deux fois plus petit qu'elle se plaindre qu'il fait froid?
     
                                           à suivre...